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Darjeeling Keepers, l’été aux agrumes

Publié par : My dad  /  Catégorie : Y en a de partout

Cliquez sur l’image pour l’agrandir (photo : Darjeeling Keepers).

Les thés indiens sont comme l’été indien : leur seul évocation est une incitation à prendre le large. Je me rêve en terrasse dans un ancien comptoir. Rien ne pourrait me faire trébucher, si ce n’est un amas de hamacs négligemment déposés sur un deck (casse-teck indien). La lune est cuivrée sur le golfe du Bengale. Je m’allonge sur une chilienne bien huilée. J’aéroglisse et je m’aéroégare.

Aeroplane, par Darjeeling Keepers (tous droits réservés) :

Les Darjeeling Keepers, les biens-nommés, infusent les notes d’épices, d’agrumes et de musique. Colorée comme une poignée de smarties, leur voodoo pop (c’est ainsi qu’ils l’ont baptisée) est un courant mariné aux sonorités des seventies et mâtiné d’un groove magmatique. Me voilà harponné comme une poupée vaudou, pris dans une nasse dont je ne peux me défiler. Un hareng me harangue. Je crois que ce pédonculé est en train de me défier. Envie de le canarder à coups d’oursins, de le transpercer avec un espadon en baïonnette, mais je reste impassible à son glougou (blabla aquatique) et me contente de bailler à m’en décrocher la nageoire.

« - Saur de ma vue !
- C’est à moi que tu parles ? »

Surgi de je ne sais quel abysse, Ba Faro se recoiffe ostentatoirement face aux embruns. « J’ai envie de me peroxyder », me dit-elle. « Moi, je te préfère en brune ».

La sirène sonne le signal de la fin du concert. Les Darjeeling Keepers s’apprêtent à quitter La Seyne, ultime escale du Tour de France à la voile auquel ils ont été conviés. Le moment est venu pour moi de rejoindre Aminata, la frontwoman du groupe, pour discuter backstage.

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R.J. Ellory, the whisky poet

Publié par : My dad  /  Catégorie : La pile sur la commode

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30°56’18.42″N. 81°47’33.57″O. Mon article commence au milieu de nulle part. Dans une forêt proche de Silco, comté de Camden, Géorgie. L’endroit est paumé, tellement paumé que je ne serais pas étonné d’être le premier Google street viewer à venir y scroller. Il y a des traces fraîches de pneumatiques sur la piste à l’intersection de Cypress Bluff Road et Old National Highway. Serait-ce le 4×4 que j’ai croisé tout à l’heure ? J’imagine un tueur à la masse complètement à la masse (il a l’air con ce type avec son air constipé), deux pin-up se faisant piner par l’arrière à l’arrière d’un pick-up. La radio passe un titre de Sharon Jones & The Dap Kings : « When I give my loving / Want yours in return / If not, don’t you waste my time… » Le redneck les surprend et veut sa part du putain (à cet instant, il est déjà dans la nostalgie de leur corps restés intacts jusqu’à l’impact). J’imagine leurs corps découplés découpés à la hache, les troncs débités comme des grumes…Mon Dieu, elles sont toujours aussi belles !

RJ Ellory est le plus américain des auteurs britanniques, un voy[ag]eur éperdu perdu dans le rêve américain, dont il explore le côté obscur. Aux antipodes des polars polaires de Camilla Läckberg, d’Arnaldur Indridason et de Jo Nesbø, il conte un continent incontinent, qui fuit comme une baignoire percée, cette Amérique amnésique, qui coule comme une baie noire pressée. Le birminghamois y est comme chez lui. Clin d’œil cocasse, deux villes nord-américaines portent d’ailleurs le nom de la métropole, dont il est originaire. Les grands espaces d’Ellory sont ceux que l’imagination permet de scruter, les yeux fermés. Tout y est bigrement big. Les seules limites sont celles que l’on s’impose. La raison, la sagesse et la modération sont autant de servitudes, qui finissent par servir la déraison, la cruauté et l’excès. Ses personnages : des narcos, des connards, des gens transis et intransigeants, des frustes frustrés, des putains de puritains… Engoncés dans leur no smoking, ils croient qu’ils culminent, mais je sens qu’ils fulminent.

Mercredi 30 mai, 15 heures. Rendez-vous est pris à la médiathèque de Villefranche sur Saône avec RJ Ellory, invité des 5èmes Assises internationales du roman. En le voyant, je découvre qu’il ressemble à ces champions de snooker, que l’on peut voir sur la BBC. Style gentleman cambrioleur. L’homme est affable, tant mieux, car je compte bien le faire passer à table.

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