Dans le cadre des 4èmes Assises internationales du Roman organisées par la Villa Gillet en partenariat avec Le Monde, la médiathèque d’Anse a convié ses lecteurs à une rencontre avec le romancier algérien Boualem Sansal, autour de son œuvre et plus particulièrement de son dernier roman Le village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller. Une rencontre animée par Corinne Rose (bibliothécaire), Florence Veyrié (Librairie La Maison jaune) et Fouad Al’ Qasi.
Deux frères, nés de mère algérienne et de père allemand, découvrent après la mort de leurs parents, dont le village en Algérie fut exterminé par le GIA, que leur père était un bourreau nazi qui a mis ses compétences au service du FLN. Rachel, l’aîné des deux frères, enquête alors sur le passé de son père, Hans Schiller. Son histoire, qui le mène en Allemagne, en Turquie, en Égypte et en Algérie, nous est révélé par le journal qu’il rédige au gré de ses sinistres découvertes. Le poids de cet héritage est trop lourd à porter pour Rachel qui sombre dans la dépression et finit par se suicider. C’est à ce moment que son frère Malrich prend connaissance du journal. Boualem Sansal nous livre en alternance les regards croisés des deux frères sur ce drame familial. Deux perceptions différentes, sans pour autant être opposées, qui vont conduire les deux frères, chacun avec sa propre sensibilité, à essayer d’expier les crimes paternels.
Deux perceptions, mais aussi deux trajectoires, qui permettent à Boualem Sansal de relier la Shoah, vue à travers les yeux d’un jeune banlieusard francilien, la sale guerre des années 90 en Algérie et la situation des « cités » en France, où ont grandi les deux protagonistes. L’écrivain algérien dénonce les fanatiques en tous genres, incarnations des abominations dont sont capables les hommes, et assimile sans équivoque l’intégrisme islamiste au nazisme.
Voici qui devrait ravir les noctambules qui sommeillent peut-être en vous ! Après La Nuit des Musées, nous vous convions à découvrir un court-métrage tourné en ultra slow motion du réalisateur canadien Arev Manoukian, intitulé « Nuit blanche ». L’expression « Nuit blanche » n’est pas un emprunt, elle a son équivalent propre en anglais, certes moins imagé : « Sleepless night » (littéralement, nuit sans sommeil). Le titre français est un parti-pris du réalisateur, que l’on devine lié au choix du noir et blanc et à l’atmosphère rétro et très « nuit parisienne » de son court-métrage. Le bistrot qui sert de toile de fond à la rencontre est d’ailleurs une référence au mythique Café de Flore à Saint-Germain des Prés.
Alors, faut-il en conclure que le français est bel et bien la langue de l’amour ? Quoiqu’il en soit, ce court-métrage aurait aussi pu s’appeler « Coup de foudre », une expression empreinte d’une poésie que n’a pas non plus sa traduction anglaise « Love at first sight » (litt., l’amour à première vue) et qui aurait bien rendu l’onde de choc à laquelle vous allez assister. On ne vous en dira pas davantage pour ne rien déflorer. Ce serait dommage, car la magie du premier regard, sublimée par la musique de Samuel Bisson, met instantanément le spectateur en apesanteur.
Le jeune garçon qui observe le monolithe rouge dans le tableau de Linda Roux a la même posture que le visiteur contemplant la toile dans une galerie. Cette analogie fonctionne comme une invitation à entrer dans la peinture. Une question s’impose rapidement. Partageons-nous les mêmes interrogations que cet enfant au sujet de ce bloc colossal, sorte d’objet visuel non identifié, dont les lignes géométriques tranchent avec les courbes et les trajectoires d’une nature en train de reprendre ses droits ? Le garçonnet nous tourne impassiblement le dos, on comprend qu’il ne dira rien. Dans la série A Family, Linda Roux nous donne à voir une humanité, dont l’emprise sur l’environnement paraît réduite au néant. L’empreinte de ses personnages est frêle et légère. Il n’est pas (ou plus) question d’individus jouant aux apprentis sorciers avec la planète. Les rapports de force semblent indiquer un triomphe des éléments naturels aux prises avec les vestiges d’une civilisation passée. A moins que ce ne soit l’inverse. Pour autant, ce portrait de famille en 11 actes est résolument porteur d’espoirs, puisqu’il émane des protagonistes une étonnante sérénité, qui semble témoigner de leur foi en l’avenir.
A family VI, acrylique sur toile, 100 x 80 cm, 2009.