25
mar
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La pile sur la commode
Par notre correspondant à La Grand’Croix.

Sorj Chalandon devant un public très attentif à la médiathèque Antoine de Saint-Exupéry
Depuis qu’il a quitté Libération, Sorj Chalandon est un homme très occupé. D’ancien grand reporter, il est devenu nouveau grand romancier. Pour autant, l’homme de lettres semble avoir du mal à se départir de l’homme de théâtre (des opérations) qu’il était. En quatrième de couv de ses romans, il se présente toujours comme ex-journaliste d’un quotidien qu’il a quitté il y a quatre ans, suite au débarquement de Serge Juillet en July 2007. En commandant suprême des forces aliénées, Sorj Chalandon continue d’ailleurs de passer ses vacances « là où les choses se passent », comme à Ramallah ou dans la bande de Gaza (« J’écris pour me guérir du journalisme, mais le reportage me manque »).
Sorj Chalandon. Presque un oxymore. « Sorj vient de ma mère, qui était originaire du Sud-Finistère. Chalandon vient de mon père, qui était natif de Sury-le-Comtal. » Le journaliste a l’art de dépêcher les mots : « Mon écriture vient d’un handicap et de la peur de ne pas pouvoir s’exprimer, c’est une écriture de bègue. Je connais le poids des mots, on n’a pas le droit de les gâcher ! » De fait et rien que de fait, les lecteurs se prennent une manchette dès la première page de ses romans.
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23
mar
Publié par : My dad / Catégorie :
Y en a de partout

La Canaille / Binary Audio Misfits, Le Fil, Saint-Etienne, 23/03/2011.
Art. 1 : Le Rap est la voix des rages d’escalier.
On va se faire un « Masque et la Plume » à visage découvert. Ça s’appelle « Le Mic’ et la Plume » sur radio France entière. Une série d’hommages collatéraux à un cercle de poètes jamais apparus, dans le PAF qui fait plouf. Pas besoin de carré VIP, on ne compte pas vous faire « Le grand chéquier ». On sait depuis longtemps que l’argent met du leurre dans les épinards, qu’il ne sert à rien de se lever de bonne heure pour gagner du bonheur.
Je branche le jack, chancelle jusqu’au devant de la scène. Microphone check : « One two one two ». Un Larsen, puis un larcin. J’allume les feux de la rampe avec un cocktail de mots low cost
:
« Vous nous connaissez, on préfère ne piper mots que de jouer du pipeau, alors si on vous parle de La Canaille, c’est que ça nous tenaille. Pas de bling-bling, mais un Driiiiing qui éveille les consciences. La Canaille préfère les dagues aux bagues. C’est du rap qui fait sens, pas de la crap qui offense. Au flow, il y a Marc Nammour*. Pas vraiment le genre à faire des mamours. Quand il ouvre les vannes, ses mots fusent et fusionnent pour dénoncer sans renoncer des décisions et des scissions. J’adhère à la cause et je prends la pose. Face aux partis des égos, nous avons choisi le parti d’en rire. Nous sommes le posse des égaux et notre hymne est La Canaille.** »
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23
mar
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Dans la commode

Rango
Hollywood a passé un contrat moral tacite avec la planète : produire des divertissements qui repoussent sans cesse les limites de la technologie, scénarisés sur un mode binaire, (prétendument) universalistes et emplis de bonne conscience. En contrepartie, les spectateurs se déplacent en masse dans les salles, mangent du popcorn et, the cherry on the cake, achètent les produits dérivés. Ceci vaut particulièrement pour le cinéma d’animation, spectacle familial par excellence.
Dans le cas de Rambo… euh de Rangoon… euh de Rango, une partie du public pourrait néanmoins rester sur le bord de la route, dès les premiers kilomètres. Même s’il tire quelques ficelles faciles et emprunte au western de nombreuses mais incontournables ritournelles (comme les scènes de saloon, les duels et le tumbleweed), le film comporte, outre de vastes étendues sablonneuses, de larges champs de créativité. Rango est sans conteste un film d’auteur, qui déjoue la norme et détourne les codes. Le style de Verbinski est plutôt Gore. A l’instar de ses Pirates des Caraïbes, le réalisateur américain fait du cinéma pour enfants… déconseillé aux enfants ! Autrement dit, du cinéma pour les enfants pour les grands ! Ses personnages sont ténébreux ; l’humour est aussi corrosif qu’un authentique chili.
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