Un concert d’Anika se mesure en becquerels, pas en décibels. Dès les premiers tours de gégène, le compteur Geiger s’affole. Anika entraîne l’audience dans sonno woman’s land. J’ai les molaires qui se déchaussent avant d’entrer, le cœur qui tape avant qu’on ne vienne l’ouvrir. Le beat envahit la salle de travail, (me) sonne comme un monitoring fatal. Puis, c’est mon encéphale qui s’affale (ou qui s’étale, je ne sais plus). A ce stade, il est trop tard pour se défausser, à moins d’être en terrasse dehors et déjà irrémédiablement irradié des effectifs.
Le collectif n’est pas né de la dernière pluie acide. Aux fûts radioactifs et à l’affût, Geoff Barrow, une fortiche tête de Portishead. Quand Portishead est en stand-by, Geoff poursuit ses expérimentations avec Billy Fuller (basse) et Matt Williams (claviers), deux autres pré-soixante-huitards* de la Beaknit Generation. Le trio a enregistré un album instrumental en 2009, sobrement intitulé BEAK > puis, pour sortir de ce qu’il considérait peut-être comme une voix-sans-issue, a décidé d’enrôler une vocaliste. C’est Anika, de son vrai nom Annika Henderson, qui a décroché le pompon (girl) : « Je me suis rendue à l’audition sans savoir précisément ce dont il retournait. Quand j’ai réalisé qui ils étaient, je me suis sentie un peu bête, mais c’était en définitive un mal pour un bien, car cela m’a permis d’être moins nerveuse ».





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