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R.J. Ellory, the whisky poet

Publié par : My dad  /  Catégorie : La pile sur la commode

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30°56’18.42″N. 81°47’33.57″O. Mon article commence au milieu de nulle part. Dans une forêt proche de Silco, comté de Camden, Géorgie. L’endroit est paumé, tellement paumé que je ne serais pas étonné d’être le premier Google street viewer à venir y scroller. Il y a des traces fraîches de pneumatiques sur la piste à l’intersection de Cypress Bluff Road et Old National Highway. Serait-ce le 4×4 que j’ai croisé tout à l’heure ? J’imagine un tueur à la masse complètement à la masse (il a l’air con ce type avec son air constipé), deux pin-up se faisant piner par l’arrière à l’arrière d’un pick-up. La radio passe un titre de Sharon Jones & The Dap Kings : « When I give my loving / Want yours in return / If not, don’t you waste my time… » Le redneck les surprend et veut sa part du putain (à cet instant, il est déjà dans la nostalgie de leur corps restés intacts jusqu’à l’impact). J’imagine leurs corps découplés découpés à la hache, les troncs débités comme des grumes…Mon Dieu, elles sont toujours aussi belles !

RJ Ellory est le plus américain des auteurs britanniques, un voy[ag]eur éperdu perdu dans le rêve américain, dont il explore le côté obscur. Aux antipodes des polars polaires de Camilla Läckberg, d’Arnaldur Indridason et de Jo Nesbø, il conte un continent incontinent, qui fuit comme une baignoire percée, cette Amérique amnésique, qui coule comme une baie noire pressée. Le birminghamois y est comme chez lui. Clin d’œil cocasse, deux villes nord-américaines portent d’ailleurs le nom de la métropole, dont il est originaire. Les grands espaces d’Ellory sont ceux que l’imagination permet de scruter, les yeux fermés. Tout y est bigrement big. Les seules limites sont celles que l’on s’impose. La raison, la sagesse et la modération sont autant de servitudes, qui finissent par servir la déraison, la cruauté et l’excès. Ses personnages : des narcos, des connards, des gens transis et intransigeants, des frustes frustrés, des putains de puritains… Engoncés dans leur no smoking, ils croient qu’ils culminent, mais je sens qu’ils fulminent.

Mercredi 30 mai, 15 heures. Rendez-vous est pris à la médiathèque de Villefranche sur Saône avec RJ Ellory, invité des 5èmes Assises internationales du roman. En le voyant, je découvre qu’il ressemble à ces champions de snooker, que l’on peut voir sur la BBC. Style gentleman cambrioleur. L’homme est affable, tant mieux, car je compte bien le faire passer à table.

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Sorj Chalandon, les raisons de la colère

Publié par : My dad  /  Catégorie : La pile sur la commode

Par notre correspondant à La Grand’Croix.

Sorj Chalandon devant un public très attentif à la médiathèque Antoine de Saint-Exupéry

Depuis qu’il a quitté Libération, Sorj Chalandon est un homme très occupé. D’ancien grand reporter, il est devenu nouveau grand romancier. Pour autant, l’homme de lettres semble avoir du mal à se départir de l’homme de théâtre (des opérations) qu’il était. En quatrième de couv de ses romans, il se présente toujours comme ex-journaliste d’un quotidien qu’il a quitté il y a quatre ans, suite au débarquement de Serge Juillet en July 2007. En commandant suprême des forces aliénées, Sorj Chalandon continue d’ailleurs de passer ses vacances « là où les choses se passent », comme à Ramallah ou dans la bande de Gaza (« J’écris pour me guérir du journalisme, mais le reportage me manque »).

Sorj Chalandon. Presque un oxymore « Sorj vient de ma mère, qui était originaire du Sud-Finistère. Chalandon vient de mon père, qui était natif de Sury-le-Comtal. » Le journaliste a l’art de dépêcher les mots : «  Mon écriture vient d’un handicap et de la peur de ne pas pouvoir s’exprimer, c’est une écriture de bègue. Je connais le poids des mots, on n’a pas le droit de les gâcher ! » De fait et rien que de fait, les lecteurs se prennent une manchette dès la première page de ses romans.

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