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Henriette Walter, mésaventures des langues géographiques

Publié par : My dad  /  Catégorie : Sous le tapis

Henriette Walter

Lisez attentivement ce qui suit, vous êtes peut-être concerné au premier chef. Votre langue, comme celle de millions d’individus, est potentiellement en danger. Inutile de vous précipiter devant un miroir et d’ouvrir grand la bouche :P , ce n’est pas de cette langue là dont il s’agit, mais du langage qui vous sert à communiquer. L’heure est grave, la crise est aiguë. L’UNESCO estime en effet que, parmi les quelques 6000 langues dans le monde, la moitié est en sursis. Des docteurs (des figures de prouesses / prou ès linguistiques) sont au chevet des malades. Parmi les plus célèbres, Claude Hagège bien sûr, et Henriette Walter que nous avons eu le plaisir de rencontrer dans le cadre de la Semaine du livre à Trévoux, à l’invitation d’ASTRID.

Henriette Walter ne badine pas lorsqu’elle proclame « Il faut faire quelque chose pour les langues en voie de disparition, c’est le moment ! ». En se posant en walter ego de Nicolas Hulot et de Jean-Marie Pelt pour la (bio)diversité linguistique, elle fait la démonstration de son engagement. « Engagé », une expression que nous avions déjà utilisée sur ce blog pour un autre Walter, artiste grenoblois militant (voir l’article concerné). Ce patronyme donnerait-il à celles et ceux qui le portent quelques prédispositions à l’indignation ?

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Voyages pendulaires

Publié par : My dad  /  Catégorie : Sous le tapis

Voyages pendulaires, des Roms au cœur de l'Europe

Pour que la mémoire rom reste une mémoire vive !

Lorsque le Centre d’Histoire de la Résistance et de la déportation a inauguré l’exposition « Voyages pendulaires, des Roms au cœur de l’Europe » le 16 juin dernier, les différents acteurs de ce projet ne s’attendaient certainement pas à être si rapidement rattrapés par l’actualité. On peut supposer qu’ils s’en seraient d’ailleurs bien passés, tant les tensions estivales en France n’ont fait qu’étayer ce dont il est question dans le périple du photographe Bruno Amsellem. Ce malheureux concours de circonstances a au moins eu un grand mérite : apporter sur le sujet un regard raisonné et distancié, en dissonance avec le tumulte médiatique et les contrevérités politiciennes entendues cet été.

Ici, point de démagogie. L’objectif du photographe se double de l’objectivité du sociologue, de l’anthropologue et de l’ethnologue (Jean-Pierre Liégeois, Thomas Ott et Benjamin Vanderlick ouvrent tour à tour des perspectives liées à leur champ de recherches respectif dans une vidéo essentielle à la visite). Enfin, la journaliste Sophie Landrin revient sur le démantèlement d’un bidonville de la région lyonnaise, qu’elle a couvert en 2007 aux côtés de Bruno Amsellem, et qui est à l’origine du projet photographique Voyages pendulaires.

Les voyages pendulaires, ce sont les allers-retours entre l’Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, que sont contraintes d’effectuer des populations en quête de travail et de conditions de vie décentes. Ces migrations sont vues ici à travers l’itinéraire de deux familles roms, que Bruno Amsellem et Sophie Landrin ont suivies pendant plusieurs mois entre la région lyonnaise et le Bihor roumain. L’exposition témoigne de l’extrême précarité de ces personnes qui, aux antipodes du mythe du nomadisme, sont en fait des paysans sédentaires que la disparition des fermes collectives (avec la fin du régime de Ceauşescu) a plongé dans le dénuement absolu : « Partir chercher là-bas le peu d’argent qui nous permettra d’exister socialement ici, telle est l’implacable logique et destin de ces familles, invariablement perçues comme des étrangers tout à la fois suspects et fascinants, où qu’elles se trouvent » (voir le dossier de presse, p. 3).

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