Atari Teenage Warrior est à la musique ce que Stéphane Hessel est à la littérature. Sans peacemaker. La rencontre du ying et du bang ! A voir Alexander Wilke-Steinhof alias Alec Empire s’échauffer et se concentrer dans le couloir à la sortie des loges, il est clair que la scène du Fil s’apparente pour le trio à un ring. Étirements, assouplissements des vertèbres et des cervicales. Tel le taureau du Bronx, Alec frappe des cibles invisibles. Le combo monte sur scène pour livrer un combat. Il sera sans reddition. Ce soir, les drapeaux blancs sont noirs. Black flag.
ATR ou les Black Eyed Peas qui font du bruit (beaucoup de bruit) !? La comparaison s’arrête là, pour +sieurs raisons. D’abord parce qu’Alec Empire, c’est David Guetta… en mieux. Ensuite, CX KiDTRONiC rappelle certes Apl.de.Ap… mais sa crête refuse de filer droit. Quant à Nic Endo, c’est une icône et Fergie… du silicone. Dans leur viseur, des gouvernements iniques et cyniques, des régimes étiques sans éthique, qui nous cassent les urnes.
En 2011, la balance commerciale française sera de nouveau déficitaire. Et pourtant, comme Nexter et Dassault, le fleuron de l’electro française a encore sorti l’artillerie lourde. La France est en effet l’autre pays exportateur de « scuds ». Cette tendance porte même un nom : la French touch ! Touché, coulé…
Nous n’avons pas attendu queYellenous tombe sur la tête pour succomber. Quelques jours avant d’entamer un nouveau marathon sur le continent américain, le contingent armoricain a calé un tour de chauffe hexagonal dans quelques clubs, dont le Ninkasi Kao à Lyon, l’occasion de jauger le potentiel du trio sur scène. French paradoxalement, la renommée de Yelle est aujourd’hui beaucoup plus importante à l’étranger, la faute peut-être à des singles qui, s’ils ont largement contribué à sa notoriété, ont brouillé les pistes et phallucieusement réduit le groupe à une blague de potaches (« Je veux te voir dans un film pornographique en action avec ta bite », c’était eux !). « C’est de la soupe ! » m’a même dit un jour mon copain Jipé. Nous courrons donc le risque de réduire fallacieusement my dad is a librarian à un blogue de potages.
Les femmes s'en mêlent #14 : concert d'Anika au Fil le 2 avril 2011.
Un concert d’Anika se mesure en becquerels, pas en décibels. Dès les premiers tours de gégène, le compteur Geiger s’affole. Anika entraîne l’audience dans sonno woman’s land. J’ai les molaires qui se déchaussent avant d’entrer, le cœur qui tape avant qu’on ne vienne l’ouvrir. Le beat envahit la salle de travail, (me) sonne comme un monitoring fatal. Puis, c’est mon encéphale qui s’affale (ou qui s’étale, je ne sais plus). A ce stade, il est trop tard pour se défausser, à moins d’être en terrasse dehors et déjà irrémédiablement irradié des effectifs.
Le collectif n’est pas né de la dernière pluie acide. Aux fûts radioactifs et à l’affût, Geoff Barrow, une fortiche tête de Portishead. Quand Portishead est en stand-by, Geoff poursuit ses expérimentations avec Billy Fuller (basse) et Matt Williams (claviers), deux autres pré-soixante-huitards* de la Beaknit Generation. Le trio a enregistré un album instrumental en 2009, sobrement intitulé BEAK > puis, pour sortir de ce qu’il considérait peut-être comme une voix-sans-issue, a décidé d’enrôler une vocaliste. C’est Anika, de son vrai nom Annika Henderson, qui a décroché le pompon (girl) : « Je me suis rendue à l’audition sans savoir précisément ce dont il retournait. Quand j’ai réalisé qui ils étaient, je me suis sentie un peu bête, mais c’était en définitive un mal pour un bien, car cela m’a permis d’être moins nerveuse ».