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Sorj Chalandon, les raisons de la colère

Publié par : My dad  /  Catégorie : La pile sur la commode

Par notre correspondant à La Grand’Croix.

Sorj Chalandon devant un public très attentif à la médiathèque Antoine de Saint-Exupéry

Depuis qu’il a quitté Libération, Sorj Chalandon est un homme très occupé. D’ancien grand reporter, il est devenu nouveau grand romancier. Pour autant, l’homme de lettres semble avoir du mal à se départir de l’homme de théâtre (des opérations) qu’il était. En quatrième de couv de ses romans, il se présente toujours comme ex-journaliste d’un quotidien qu’il a quitté il y a quatre ans, suite au débarquement de Serge Juillet en July 2007. En commandant suprême des forces aliénées, Sorj Chalandon continue d’ailleurs de passer ses vacances « là où les choses se passent », comme à Ramallah ou dans la bande de Gaza (« J’écris pour me guérir du journalisme, mais le reportage me manque »).

Sorj Chalandon. Presque un oxymore.  « Sorj vient de ma mère, qui était originaire du Sud-Finistère. Chalandon vient de mon père, qui était natif de Sury-le-Comtal. »

Le journaliste a l’art de dépêcher les mots : «  Mon écriture vient d’un handicap et de la peur de ne pas pouvoir s’exprimer, c’est une écriture de bègue. Je connais le poids des mots, on n’a pas le droit de les gâcher ! » De fait et rien que de fait, les lecteurs se prennent une manchette dès la première page de ses romans.

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Apocalypse bébé, very good trip

Publié par : My dad  /  Catégorie : La pile sur la commode

Apocalypse bébé : BOUM !!!

[Panique dans ton cul, une B.O. du roman Apocalypse bébé sur Deezer]

Noël approche. Voici une idée de cadeau super rock’n'roll pour les fêtes : Apocalypse bébé de Virginie Despentes, qui narre le trip d’un improbable duo d’enquêteuses (La Hyène alias… La Hyène, l’alien mutante, accompagnée de la hiératique Lucie), dont on suit les pérégrinations entre Paris et Barcelone à la recherche de Valentine, une jeune ado paumée. Le roman peut être appréhendé comme un florilège des « meilleurs » moments du Droit de savoir, souvenez-vous, cette émission prétendue de journalisme présentée par Charles Villeneuve sur TF1 à l’époque furieuse de Patrick Le Lay. Drogue, cul, homosexualité, délinquance, banlieues, Islam, Opus Dei, FAF, altermondialistes (il ne manque que les eunuques), autant de halos bleutés dans les salons qui font grimper l’audimat et peuvent même, accessoirement, remplir les urnes. Virginie Despentes n’y va pas avec le dos de la cuiller, mais franchement avec les dents de la fourchette. Pour autant, elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour que cela détone. La provoc’ n’est pas fortuite, mais jamais gratuite.

Le livre donne à voir (c’est presque un film) une mosaïque de personnages issus de milieux socioculturels très différents qui, annonce la quatrième de couverture, « finissent par composer (…) le portrait d’une époque ». Nous suivons en fait des trajectoires individuelles, également considérées dans leurs relations à des mouvances, qui révèlent l’ambivalence des personnalités et la complexité des rapports. L’attrait et l’atout majeurs du roman, ce sont des changements de perspective permanents. Les personnages deviennent tour à tour le pivot de l’intrigue ; ils dévoilent leur perception des événements et des autres protagonistes. Des scènes identiques sont donc présentées avec des points de vue complètements différents. Virginie Despentes, en maîtresse de cérémonie, dénoue les codes et les cordes, son écriture au scalpel fait progressivement tomber les masques.

Apocalypse bébé fait l’effet d’un roman noir… en version Sims ! Le lecteur est voyeur. Au cœur de l’(ex)action. Passe en 342 pages du tréfonds des âmes au trépas des corps. Tous les voyants sont déjà au rouge, quand émane un parfum de fin du monde.

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